« Il est des pays comme le Burkina Faso où naître femme est un défi », a lancé le ministre de la Promotion de la femme, Nestorine Sangaré/Compaoré, à l'occasion de la cérémonie d'ouverture du 3e forum national des femmes, le 14 septembre dernier à Ouagadougou. Et à la marraine de la cérémonie, Chantal Compaoré, épouse du chef de l'Etat burkinabè, de renchérir que ce défi majeur aujourd'hui est de « traduire en actions concrètes, en faveur des droits des femmes, les intentions et projections louables contenues dans les politiques publiques ». Parmi ces politiques figure la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) qui constitue, de 2011 à 2015, le référentiel national de toutes les interventions en matière de développement.
Toute chose qui, à n'en point douter, explique le choix du thème de ce cadre de concertation et d'échanges des femmes du pays des Hommes intègres : « Prise en compte des femmes dans la mise en oeuvre de la SCADD ». Pour la marraine, il est indispensable que ces politiques soient mises en oeuvre de manière adéquate pour contribuer réellement à la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes. A ce titre et au compte du ministère en charge de la promotion de la femme, l'épouse du chef de l'Etat a relevé 3 programmes et actions sectoriels prioritaires à mener en faveur des femmes.
3 programmes et actions sectoriels prioritaires en faveur des femmes
Il s'agit, à en croire Chantal Compaoré, du programme d'appui à l'entrepreneuriat féminin, du programme de transfert de technologies aux femmes et d'un programme de promotion de la filière karité en partenariat avec le ministère de l'Environnement et du développement durable. Ces programmes seront financés en priorité dans le cadre de la SCADD, a-t-elle précisé. La marraine n'a toutefois pas manqué de souligner la nécessité d'une synergie d'action et de concertation interministérielle pour réussir le pari de l'intégration du genre dans l'exécution des projets et programmes sectoriels.
Le ministre Nestorine Sangaré/Compaoré a, pour sa part, salué les politiques mises en place par le gouvernement en faveur de l'élimination des inégalités liées au genre. Entre autres, elle a fait cas de la politique nationale genre adoptée en 2009 et dont la mise en oeuvre a démarré au cours de l'année 2011 ainsi que l'adoption de la SCADD dont l'axe 4 est consacré à la prise en compte des questions transversales dans les politiques, plans et programmes de développement. Pour ce faire, Nestorine Sangaré a invité tous les acteurs, à tous les niveaux, à s'engager et à s'investir pour l'atteinte des objectifs escomptés.
« Nous n'avons que trop parlé, nous devons passer maintenant à l'action » Le Premier ministre Luc Adolphe TIAO, quant à lui, a déclaré ceci : « La femme, pour nous, est devenue une priorité parce que nous savons que cette partie de notre couche sociale est non seulement la plus importante du point de vue numérique mais aussi la plus battante ». Dans cette lancée, il a promis l'accompagnement du gouvernement en matière de politique en faveur de l'égalité de genre et une prise en compte des femmes dans tous les programmes de développement et dans la mise en oeuvre de la SCADD.
Delphine Ouandaogo du bureau Agence d'appui- conseil aux communautés, entreprises et sociétés pour le développement (ACCES) a, lors de sa communication à l'issue de la cérémonie d'ouverture, soutenu à l'endroit de tous que « nous n'avons que trop parlé, ce qu'il faut pour tout réussir, c'est de passer maintenant à l'action ».
Par Christine Sawadogo Et Germaine Kere










