La communauté internationale réunie, en 2005 à Paris (France), relevait l’inefficacité de l’aide au développement dans les pays du sud. Une déclaration adoptée à l’issue de ce sommet a été examinée au cours d’un forum tenu à Accra au Ghana en septembre 2008. Ce forum, au cours duquel la société civile s’est fait entendre, a dicté un programme d’action dite Agenda d’Accra pour l’Action. Pour expliquer les contenus de ces deux sessions de haut niveau, le forum des organisations de la société civile a tenu une conférence de presse, le 11 juin dernier, à la maison du partenariat Bamako-Angers. Animée par Bakary Doumbia, président de la fédération des collectifs d’ONG du Mali, Mme Doumbia Mama Koïté, présidente du réseau de développement et de communication des femmes africaines (Femnet) et Mme Anne Sophie Gindroz, directrice de Helvetas représentant du forum des ONG européennes au Mali, cette conférence de presse vise spécifiquement à rendre compte des opportunités exprimées par l’ Agenda d’Accra pour une utilisation judicieuse de l’aide au développement.
La gestion axée sur les résultats:
En fait, la déclaration de Paris soutenait que l’appropriation de l’aide passe par une proposition d’agenda de développement par chaque gouvernement bénéficiaire. Les partenaires techniques et financiers devront aussi s’entendre pour élaborer des conventions communes et simplifier leurs procédures. Les différentes parties se sont également engagées à harmoniser les cycles de développement de stratégies nationales et les cycles budgétaires et de mettre en place des cadres de suivi et d’évaluation basés sur les résultats. A cet effet, les gouvernements et les partenaires s’étaient entendus sur une responsabilité mutuelle quand aux résultats liés à l’efficacité de l’aide. « Les partenaires du nord ont tendance à dicter leur programme de développement au Sud. Ce qui est l’une des raisons de l’inefficacité de l’aide » a souligné Anne Sophie Gindroz. Les résultats de la déclaration de Paris à laquelle la société civile déplore la marginalisation sont encore mitigés. La société civile reproche à la déclaration d’avoir abordé l’aide sous l’angle de la gestion et non de ses résultats en termes d’effets de développement. C’est pourquoi l’Agenda d’Accra a exprimé la nécessité d’une implication des élus des organisations de la société civile et des collectivités locales dans l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques de développement. Selon les conférenciers, les OSC sont reconnues comme de véritables acteurs indépendants du développement. Les donateurs et bénéficiaires se sont engagés à publier les engagements annuels et versements effectués au titre de l’aide, ainsi que toutes les conditionnalités, lesquelles ont été atténuées. Pour leur permettre de porter des appréciations indépendantes et crédibles sur l’utilisation de l’aide au Mali le forum des organisations de la société civile soutient qu’elle doit être associée en amont et en aval de la gestion de l’aide faite à notre pays.
De par sa nature et sa composition, la société civile est un acteur hétéroclite sur l’expression démocratique mais reste indispensable dans les débats sur les politiques de développement du pays. Au regard de sa proximité avec les communautés les plus nécessiteuses et de sa légitimité d’action, des organisations érigées pour mieux représenter la société civile souhaitent jouer pleinement leur rôle dans le dialogue entre les acteurs du développement. C’est un processus d’organisation interne devant permettre de se renforcer pour s’investir efficacement dans ce dialogue qui a abouti à la mise en place d’une structure informelle de collaboration entre les organisations de la société civile dénommée Forum des organisations de la société civile au Mali.
Seydou Coulibaly
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