A la tête de cette politique se trouve le ministère de la coordination du programme d’action national d’adaptation à l’environnement (NAPA), développé dans le cadre de l'initiative des Nations Unies (ONU) pour aider les pays les moins développés à faire face au changement climatique.Les projets prioritaires sont ceux qui aideront le Mozambique à se protéger contre les effets négatifs de l’environnement. Ces projets sont éligibles au financement du Fonds pour l’environnement mondial de l’ONU."La plupart des femmes, environ 73 pour cent, travaillent la terre au Mozambique et sont, par conséquent, fortement touchées par les effets du changement climatique", a indiqué William Antonio Ndlovu, chargé de programme à la représentation mozambicaine de Diakonia (Diakonia Mozambique) basée à Maputo, dans un entretien avec IPS. Il a insisté sur la nécessité d’aider davantage les femmes.Diakonia Mozambique est une organisation chrétienne de développement qui travaille pour une amélioration durable des conditions de vie des personnes vulnérables.Julio Fernando du Conseil chrétien du Mozambique a déclaré à IPS que les effets du changement climatique représentent une menace croissante pour les moyens de subsistance dans son pays. "Beaucoup de Mozambicains sont menacés mais les femmes restent les plus touchées. Cela est surtout dû aux mauvaises mesures de réponse", a-t-il dit.Le Conseil chrétien du Mozambique fait partie d’un réseau d’organisations confessionnelles travaillant, entre autres, sur des questions socioéconomiques.Une étude menée par le bureau de la Fondation Heinrich Böll d’Afrique australe, basé au CAP, confirme que "les femmes et les hommes sont différemment touchés par le changement climatique en raison des rapports de force actuels et de leurs rôles différenciés dans ces communautés" tel que le déclare Dr Natasha Ribeiro, une chercheuse de l’étude, dans le rapport intitulé "Gender and Climate Change: Mozambique Case Study" (Genre et changement climatique: Etude de cas du Mozambique).La fondation s’est associée avec le parti écologiste allemand. Raisons avancées: "les femmes n’ont aucun contrôle sur les ressources naturelles et autres droits de propriété. En outre, les femmes font la majeure partie du travail de reproduction et une partie du travail de production, pendant que les hommes s’occupent seulement du travail de production".L’étude, publiée en début de 2010, a été menée dans la province de Gaza située au sud du pays. Elle a porté sur la communauté Mapai Ngale, vulnérable à la sécheresse, et la communauté Magondzwene, vulnérable aux inondations depuis 2000.On a constaté que les sécheresses, les vents forts et la dégradation environnementale ont allongé le temps que les femmes et les hommes consacrent aux travaux agricoles, ceci pour avoir les mêmes récoltes que les années précédentes ou moins.Selon le rapport, les communautés sont obligées de changer leur mode de vie dans lequel les femmes ont commencé à faire le travail de production puisque les sécheresses successives au cours des huit dernières années ont amené les hommes à chercher du travail ailleurs. Les femmes travaillent aujourd’hui dans la fabrication de l’alcool, la vente ainsi que dans le secteur de la pêche.Il en résulte un fardeau plus lourd pour les femmes qui doivent encore veiller sur les enfants, faire les travaux domestiques et prendre soin des personnes vivant avec le SIDA et la tuberculose. Les hommes ne s’engagent pas encore dans le travail de reproduction.La migration des hommes a renforcé la participation des femmes aux structures de prise de décision puisqu’elles sont amenées à combler les vides laissés par les hommes partis.L’adaptation implique également la recherche d’autres sources alimentaires et la culture de légumes à contre saison, tels que la citrouille, la laitue, les tomates, tout au long de l’année.L’étude recommande qu’en raison du rôle important des femmes dans la communauté, elles soient considérées comme le groupe prioritaire dans toute activité prévue pour atténuer les effets du changement climatique. Une attention particulière doit être portée à la représentation des femmes dans les structures de prise de décision et au renforcement de leur capacité dans l’agriculture du fait qu’elles sont prédominantes dans ce secteur.Un rapport de CARE International sur le changement climatique a conclu de façon similaire que le changement climatique a le plus d’impact sur les femmes dans les pays tels que le Zimbabwe, le Malawi, le Swaziland et la Zambie. "En tant que principaux responsables de la gestion des ressources naturelles, les femmes sont susceptibles de ressentir excessivement les effets négatifs du changement climatique", a conclu le rapport de CARE, une organisation internationale d’assistance.Selon le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), élaboré par le gouvernement mozambicain en 2006, le pays ne pourra pas atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en raison des effets du changement climatique. Cela est aggravé par l’extrême pauvreté qui mine déjà le Mozambique.Le pays a aussi essayé d’intégrer des préoccupations relatives au changement climatique dans son programme pour 2025, un programme de développement que le gouvernement du Mozambique vise à réaliser d’ici à 2025.Une stratégie sur l’égalité des sexes dans le secteur agraire a été également élaboré. La stratégie vise à créer un accès équitable aux ressources et aux opportunités entre hommes et femmes. En outre, elle exige la mise en œuvre de programmes de diversification des cultures de subsistance et l’accès aux technologies améliorées, y compris l’agro-transformation, en réponse au changement climatique.La Fondation Boll salue le NAPA et la stratégie agraire comme de solides instruments, mais déclare qu’ils ont toujours besoin d’être mis en œuvre. (FIN/2010)Par Stanley Kwenda
Johannesburg- 15 juillet 2010Licence de l'article: Copyright - Titulaire de la licence de l'article: Inter Press Service