Sénégal: Des jeunes femmes de Darou Mousty réclament des unités de production

Jeudi, 16 Février 2012 15:07
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'Nous exigeons des prochains dirigeants de ce pays, la construction d'usines, l'implantation à Darou Mousty, d'entreprises et de services pouvant occuper la main-d'oeuvre et l'expertise locale', a notamment déclaré à l'Aps, la présidente du mouvement, Sokhna Astou Bousso Baly.Dans d'autres localités du pays, il y a même des Ong pour soutenir les populations et y dérouler des activités de développement ou autre, a-t-elle fait valoir. A Darou Mousty, 'vous ne verrez rien qui ressemble à cela', a-t-il ajouté.

Pour Sokhna Astou Bousso Baly, le développement, 'c'est d'abord le bien-être des populations. Ici, hormis des ruelles sablonneuses qui vous rappellent que vous vivez en zone extrêmement pauvre, dès que vous mettez le nez dehors, il n'y a absolument rien'.Pour cette native de Darou Mousty où elle a également grandi avant de rejoindre la capitale pour des études sanctionnées par un master 2 en Banque-Finances, 'il n'y a aucun signe de développement dans cette cité où il n'y a pas d'usine, ni d'unité de production, encore moins une société ou une entreprise'.

Elle a précisé que son mouvement a déjà tenu son assemblée générale et est en train de confectionner les documents administratifs nécessaires à l'obtention de son récépissé, afin d'accéder à la reconnaissance légale qui lui permettra de dérouler ses activités.'Nous avons l'impression d'être des laissés-pour-compte dans un endroit où le 'ndiguel' est de rigueur, puisqu'à chaque campagne électorale, les candidats viennent narguer nos hommes avec des batteries de promesses afin de bénéficier de leur voix et disparaîetre', a dit Sokhna Astou Bousso Baly.

'Vous avez vu les vieilles et archaïques véhicules qui assurent le transport interurbain ? Et que dites-vous du nombre impressionnant de calèches chargées d'assurer le transport des populations ? Si c'est cela tendre au développement, nous on en veut pas', a-t-elle dit.'Non seulement nous avons de la main-d'oeuvre, mais nous avons également de la matière grise, aussi bien chez les jeunes garçons que chez les jeunes filles, en tenant compte de notre avantage à utiliser le français à l'école et l'arabe par le biais du Coran', a-t-elle fait valoir.

A Darou Mousty, la principale activité reste le petit commerce, a, pour sa part, souligné Mariama Maïna Faye, membre du même mouvement, avant d'ajouter que ceux qui n'ont pas les moyens d'en faire, ne s'en sortent pas ou sont obligés de migrer vers les grandes métropoles comme Dakar. 'C'est pire chez nous les jeunes femmes', a-t-elle fait valoir.

Mariama Maïna Faye a signalé un manque d'eau dans son quartier Beug Thierno et dans beaucoup d'autres qui sont sevrés du liquide précieux depuis plusieurs mois.'C'est seulement avant-hier, avec l'annonce de l'arrivée du président de la République à Darou Mousty, que l'eau est revenue', a-t-elle fait noter. 'A force d'aller puiser de l'eau et de porter les seaux sur nospauvres têtes, nous sommes presque toutes devenues chauves', a-t-elle ajouté.

Source: Walfadjri