Les communautés de la collectivité locale de Sakar dans l'Est de Sédhiou ont déclaré hier, mardi 22 octobre, avoir définitivement tourné le dos à l'excision et aux pratiques jugées néfastes telles que les grossesses et mariages précoces. C'était à l'occasion d'une journée de plaidoyer dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Orchid», en appui au processus d'abandon en cours.
Ce sont au total 226 communautés du département de Sédhiou qui ont déclaré tourner définitivement le dos à la pratique de l'excision depuis la déclaration départementale de Sédhiou faite en juin 2010, annonce le bureau régional de Tostan des régions de Sédhiou et Kolda.
Mais ce même organisme relève des poches de résistance au sein de ces communautés notamment dans les secteurs du Pakao fortement ancrées, dit-on, dans les coutumes. Voilà ce qui explique le choix de Sakar pour abriter, ce mardi, une journée de plaidoyer en faveur de l'abandon de l'excision.
Mamoudou Camara, l'assistant du coordonnateur régional de Tostan Kolda/Sédhiou indique que «ce projet dénommé "Orchid project" est venu à son heure pour appuyer tous les efforts consentis par l'UNICEF dans le département et la région de Sédhiou.
Le but d'Orchid est de contribuer à l'abandon définitif de l'excision au Sénégal». Et Mamoudou Camara de poursuivre: «Tostan est une organisation internationale qui œuvre pour la promotion des droits humains et a pour mission de contribuer au renforcement des capacités des communautés africaines pour une transformation sociale durable dans le respect des droits humains».
Ici, mariages et grossesses précoces, tout à l'image de l'excision, compromettent la santé de la reproduction. «Nous faisons également de la sensibilisation pour l'abandon des pratiques coutumières néfastes telles que les mariages et grossesses précoces, pour l'inscription des enfants à l'état civil et à l'école», a-t-il ajouté.
Les communautés de Sakar disent avoir pris conscience des méfaits de ces pratiques. Bintou Dramé de Sakar explique: «nous avons définitivement abandonné l'excision. Auparavant on ignorait ses conséquences et on pouvait exciser jusqu'à 20 filles avec le même instrument, le sang coulait et des infections faisaient rage. Mais avec les enseignements de Tostan, nous sommes épargnés des risques sanitaires».
Aussi, l'imam de Sakar, Wandifa Touré, et le chef de village, Seyni Dramé, ont souscrit aux recommandations de Tostan soulignant que le progrès social requiert des changements de comportements indispensables à toute propension de développement durable.
Enfin Mme Fatou Karé, la facilitatrice de Tostan à Sakar et Abdoulaye Kébé le responsable d'Orchid Porject ont réaffirmé leur engagement à proscrire avec tact ces pratiques à l'origine de nombreux préjudices sur la santé maternelle notamment.
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