Le 10 novembre 2011, à Manga dans la province du Zoundwéogo, l'Association des mères éducatrices de l'école de Tintogo recevait de la première Dame du Faso, la médaille de chevalier de l'Ordre du mérite burkinabè.
Un tel honneur n'a pas laissé les femmes indifférentes. Et c'est pour exprimer leur joie et leur reconnaissance à l'endroit des autorités qu'elles ont tenu à organiser cette fête.
Dans son mot de bienvenue, le représentant du chef du village a traduit la joie de ce dernier et celle de tout le village d'avoir des femmes vaillantes parmi eux, chose qui les honore tous.
Médaille à la poitrine, la présidente de l'AME, Fati Kaboré a rappelé comment elles ont travaillé jusqu'à obtenir cette distinction. L'on retiendra alors que tout a commencé en 2002 avec Monsieur Albert Kaboré, alors directeur de l'école. Celui-ci les a organisées et les a amenées à initier une cotisation de cent francs par femme.
Cette première somme a été confiée à deux femmes qui ont travaillé à la multiplier pendant un mois. L'expérience s'étant révélée concluante, les activités se sont alors intensifiées et élargies.
Aujourd'hui, plus de quatre-vingt-dix femmes sont actives dans l'association. Leur initiative et leur dynamisme leur a valu le soutien du MENA et la visite de l'ex-ministre de l'Education nationale, Marie Odile Bonkoungou.
Avec le fruit de leurs activités, elles ont pu construire un logement pour enseignant, et réfectionner les salles de classe. Elles participent à l'achat des fournitures de leurs enfants et elles prennent en charge les élèves pendant les examens scolaires.
Pour la présidente provinciale des AME, Madame Damiba/ Ouédraogo Claudine, cette médaille témoigne de l'intérêt que les autorités de ce pays accordent à leurs actions. Cela leur donne des ailes. C'est pourquoi elle a saisi l'occasion pour leur dire merci et les rassurer de l'engagement des femmes à faire mieux.
La marraine de la cérémonie les a d'ailleurs exhortées à cela en ces termes : « Femmes de Tintogo, il vous appartient désormais de prouver encore plus aux yeux de tous qu'au-delà de votre rôle de reproduction de l'espèce humaine, vous constituez un maillon important du développement économique et social de votre village. »
Toutefois, elle sait que ce défi ne serait relevé sans l'accompagnement décisif de tous les acteurs. Parents d'élèves, autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières sont alors invités à examiner l'immensité et la valeur des actions posées par les femmes et à les appuyer pour jeter les bases d'un développement socio-économique nouveau.
Pour une AME exemplaire dans sa province, la DPEBA en est fière. Mais consciente que cela est le fruit d'un travail de longue date, elle n'a pas manqué en de saluer son prédécesseur, Tinlé Belemlilga de qui elle a « hérité » de cette gloire.
La fête de la médaille n'a pas empêché la marraine d'avoir une pensée pour les plus démunis. C'est pourquoi, sur sa proposition, une quête a été faite sur place et une délégation des femmes sera chargée de remettre la somme collectée (16 790 FCFA) au haut-commissaire de la province à l'occasion de la Journée de la solidarité.
Par Moïse Samandoulgou
