Maroc: La légalisation de l'avortement n'est plus tabou

Mardi, 18 Octobre 2011 15:04
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C'est la première fois qu'un membre du gouvernement marocain dit être favorable au recours à l'avortement légal dans certains cas. L'article 449 du code pénal marocain prévoit des peines de prison de six mois à deux ans contre "l'avorteur et l'avortée ainsi que les personnes intermédiaires, sauf quand il s'agit de préserver la santé ou la vie de la mère". Mais dans la pratique, l'avortement est toléré au Maroc et la plupart des gynécologues le pratiquent, constatent les spécialistes.

DEUX CENTS AVORTEMENTS CLANDESTINS PAR JOUR

Selon la ministre, "ces cas extrêmes doivent être prévus par la loi en tenant compte des considérations éthiques et religieuses. Cela fera évoluer la législation parce qu'on ne peut pas continuer comme ça". "Entre 2003 et 2010, cinq cent mille enfants sont nés de mères célibataires. La législation actuelle ne permet même pas à une femme victime d'inceste d'avorter. Idem pour les cas de viol", poursuit-elle. Entre six cents et huit cents avortements médicalisés et deux cents autres non médicalisés, sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon les ONG.

"Il y aurait plusieurs centaines d'avortements illégaux par jour au Maroc. Ce qu'il faut savoir, c'est que jamais une femme ne recourt à l'avortement uniquement par caprice", conclut Mme Skalli.