Madagascar: Grossesses précoces - Une autre facette de la violence basée sur le genre qui a toujours cours

Mercredi, 09 Octobre 2013 15:11
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Les grossesses précoces sont en passe de devenir un fléau social au sein des communautés de base malgaches. Toutes les parties concernées, à savoir les parents des jeunes filles, les pères biologiques et les jeunes filles elles-mêmes ignorent dans la plupart des cas que les grossesses précoces constituent une forme de violence basée sur le genre.

En effet, en acceptant d'épouser ces jeunes filles qui ne sont pas encore nubiles ou qui le sont à peine, les jeunes hommes concernés commettent l'équivalent d'un viol sur mineure. D'autres parents ferment les yeux sur les dangers potentiels pour la santé de leurs filles et acceptent un mariage arrangé car ils ont surtout les yeux rivés sur la dot qu'ils empocheront.

Ce faisant, ils deviennent des complices de cette forme de violence. Les jeunes filles quant à elles ne voient que leur statut de futures mères de famille, abandonnant leurs études.

Les traditionnalistes associent cette notion de mariage et de grossesse précoces aux pratiques culturelles en vigueur dans certaines régions de la Grande Ile. « Dans la partie nord de Madagascar, par exemple, les parents ne sont pas intéressés à ce que leur fille se marie.

Si celle-ci tombe enceinte, ils ne cherchent pas à savoir qui est le père. Le fait que leur fille porte un enfant est ce qui compte le plus dans cette communauté. Cela veut dire que leur enfant est une femme capable de concevoir et c'est ce qui est valorisé,» explique la sociologue Ambinina Ramanantsoa.

Dans la région rurale Sofia, les jeunes filles sont actives sexuellement dès leur puberté. Dans le district de Mandritsara, les adolescentes accouchent de leur premier enfant quand elles sont dans la tranche d'âge des 12 à 15 ans. Monica, âgée de 16 ans, est enceinte de son deuxième enfant.

Elle a accouché d'un premier fils à 14 ans. « J'ai abandonné l'école alors que j'étais en classe de cinquième car je me suis amourachée du père de mon enfant. Nous avons décidé de nous marier de façon traditionnelle: sa famille devait faire don d'un zébu à la mienne mais elle n'a rien offert au final.