En vue de dénoncer cette situation et soutenir par la même occasion l’action de ces femmes, l’ONG SOS EXCLUSION en collaboration avec le Réseau des Organisations Féminines d’Afrique Francophone (ROFAF), a organisé, ce panel qui commémore ainsi les 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes défenseurs des droits humains. Pour cet événement qui met en exergue la date du 29 novembre correspondant à la Journée internationale des femmes défenseurs des droits humains, le thème choisi a été « Droits humains pour tous, Droits humains pour les femmes ». Ce thème qui a été développé le 27 novembre 2008 à la Salle Delaphose de l’Hôtel d’Abidjan, a porté sur trois sous-points qui sont :
o Quels objectifs pour une journée internationale des défenseurs des droits humains des femmes.
o Les mécanismes de protection des femmes défenseurs des droits humains : le cas de l’Union Africaine.
o Violences, menaces et représailles faites aux femmes défenseurs des droits humains.
I- DESCRIPTION DU PANEL
1.1- COMMUNICATION I
Quels objectifs pour une journée internationale des défenseurs des droits humains des femmes
Le premier sous thème a été animé par Madame ABOU ZOUNON AMINATA, ancienne Secrétaire Générale d’Amnesty Internationale section Côte d’Ivoire. D’entrée, elle a défini les défenseurs des droits humains comme des personnes, des hommes et des femmes, qui non seulement dénoncent les violations des droits fondamentaux, mais qui également font campagne pour que les victimes obtiennent réparation. Durant la décennie qui vient de s’écouler, ces acteurs ont permis par leurs actions, d’induire une évolution notables des normes, des mécanismes et des engagements pris par les Etats.
Pour ce qui est du cas particulier des femmes, ces actions ont permis de faire en sorte que les atteintes aux droits fondamentaux des femmes soient reconnus comme des infractions pénales et que leurs auteurs soient poursuivis. En outre, elles ont favorisé un changement dans les structures de la société responsables de la marginalisation des femmes et de leur vulnérabilité permanente.
Toutefois, ces entreprises ne se sont pas réalisées sans difficultés. Effet, les femmes défenseurs des droits humains sont quotidiennement exposées à des manœuvres d’intimidation et de harcèlement et à des agressions verbales. A l’effet de faire évoluer cette situation, la communicatrice a recommandé que la communauté internationale et les Etats puissent créer pour les défenseurs des droits humains, notamment les femmes défenseurs des droits humains, un environnement propice à leur sécurisation.
Pour finir, la communicatrice a situé les objectifs majeurs de la journée des femmes défenseurs des droits humains à trois niveaux essentiels qui sont :
o mettre en relief, sensibiliser et informer sur les menaces spécifiques qui sont le lot des femmes défenseurs des droits humains ainsi que les défis qu’elles doivent relever ;
o contribuer à une meilleure prise en compte de ces spécificités et au développement d’outils de protection tant au niveau local qu’international ;
o replacer la question des femmes défenseurs des droits humains au centre des préoccupations des gouvernements et des instances internationales comme condition essentielles de lutte contre les violations des droits de l’homme.
1.2- COMMUNICATION II
Les mécanismes de protection des femmes défenseurs des droits humains (FDDH) : le cas de l’Union Africaine
Cette communication a été donnée par Maître TRAORE DRISSA, Président du MIDH. Selon le communicateur, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) représente un important instrument dans la régulation de la vie des différents Etats. C’est justement pour répondre à la réticence de ces Etats à s’engager sur la voie du respect des droits humains, que des individus se sont mis en association, constituant ainsi des groupes de pression. Dans le cas spécifique des femmes, ces personnes sont appelées Femmes Défenseurs des Droits Humains.
Divers instruments de protection de ces groupes de pression existent. Il peut s’agir de :
o Le rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique ;
o Les instruments de l’Union Africaine.
o La déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme des Nations Unies ;
En dépit de l’existence de tous ces instruments visant à promouvoir de façon tangible les droits de l’homme, les femmes défenseurs restent confrontées à l’action néfaste de la tradition.
De cette communication, l’on retient que les FDDH sont continuellement exposées à des difficultés s’observant tant au niveau de la tradition que de l’Etat. En effet, elles sont sans protection de la part de l’Etat face au poids social et traditionnel. Pourtant, selon les textes auxquels les Etats sont librement parties, il est de leur devoir de protéger les masses vulnérables contre toutes les dérives de la communauté.
A ces obstacles à l’action des FDDH, s’ajoutent ceux de la cellule familiale et de l’environnement religieux.
1.3- COMMUNICATION III
Violences, menaces et représailles faites aux femmes défenseurs des droits humains.
Ce dernier sous-thème a été présenté par Madame AGNES BROUSSET. D’entrée, elle a attribué aux des femmes défenseurs des droits humains, le rôle de sensibilisatrice, et d’éveil de conscience. Et pourtant, nonobstant les textes internationaux tels que la Déclaration française de 1789 et la Convention pour l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF), les FDDH continuent d’être marginalisées et d’être considérées comme des êtres inférieurs aux hommes. Elles subissent en effet divers types de menaces aussi bien niveau moral que physique. L’on peut retenir pour l’essentiel :
- Les intimidations par les menaces à l’endroit de leurs proches ;
- L’idéologie patriarcale ;
- Les violences de la part des personnes qui épousent l’idéologie « féministe ».
Pour palier à ces menaces, la panéliste a suggéré les solutions suivantes :
- Savoir réagir en fonction du milieu ;
- Faire une approche sociologique du terrain sur lequel l’activité est menée pour connaître les mentalités et comprendre la valeur de l’acte posé par cette société.
Au terme de ce panel, elle a rendu hommage à toutes les ONG et les a encouragés à continuer leur action consistant à alerter l’opinion publique et faire pression sur les gouvernants.
II-EVALUATION
2.1- Atouts de l’activité
Au regard des questions et du débat qui ont suivi les différentes communications, l’ONG SOS EXCLUSION peut s’estimer heureuse de l’organisation de cette journée. Car, aussi bien les participants que les panélistes ont démontré l’intérêt d’une telle activité. D’ailleurs, plusieurs exemples ont été tirées des actions de Amnesty International qui depuis mars 2004, a lancé une campagne mondiale contre les violences à l’égard des femmes.
2.2- Difficultés
Il convient de noter que l’organisation de cette activité, en dépit de l’insuffisance de moyens financiers, n’a pas rencontré de difficultés majeures. Même si l’ONG SOS EXCLUSION a été contraint de choisir une seule journée sur les 16 qui marquent l’événement.
III- RECOMMANDATIONS
Vu l’importance de cette activité et la détermination des femmes défenseurs des droits de l’homme, l’ONG SOS EXCLUSION souhaite :
o Le renforcement des coalitions déjà en place par la prise en compte des spécificités des femmes défenseurs des droits humains ;
o Organisation d’une consultation nationale sur la situation des femmes défenseurs des droits humains ;
o Création d’une base de données qui permettra de faire du lobbying auprès de l’Union Africaine afin d’une prise en compte des spécificités des femmes défenseurs des droits humains.
CONCLUSION
Cette campagne contre les violences à l’égard des femmes organisée par l’ONG SOS EXCLUSION a été très enrichissante. Les différents thèmes abordés ont suscité beaucoup de curiosité. Ce qui a donné lieu à des débats.
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