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Les processus mondiaux du le post-2015 : trouver du sens dans la confusion

La variété de procédures mondiales interconnectées et impliquées dans la prise de décision de l’agenda de développement post 2015 est déconcertante, surtout pour ceux qui ne travaillent pas sur le sujet à plein temps.

Cet article a pour objectif de faire la lumière sur les nombreux processus en cours et suggérer des moyens pour que les organisations de la société civile puissent naviguer dans ces eaux troubles.

Depuis fin 2011, le processus de négociation pour l’agenda du développement post-2015 s’est intensifié à tous les niveaux : société civile, gouvernements nationaux, Panels de haut niveau, Nations Unies. Nous avons été témoins d’une multiplicité de consultations, de styles et de qualité variables. Nous avons assisté au lancement de l’enquête “My World? des Nations Unies, à des consultations nationales dans près de 100 pays. 11 consultations thématiques menées par les Nations Unies (ONU). Civicus a mis en œuvre des consultations nationales dans 14 pays. L’initiative Participate a organisé une recherche participative à travers une douzaine de pays. Beyond 2015, GCAP et le FIP ont soutenu des délibérations nationales dans quelques 30 pays. Nous avons assisté à des consultations de la jeunesse au niveau mondial. Des ONG internationales ont mis en place des consultations à travers leur réseau mondial tout entier. De nombreuses autres initiatives de sociétés civiles ont débattu de cet agenda.

Cela représente de nombreuses consultations, et beaucoup de temps passé à se parler, à parler aux gouvernements, à l’ONU. Moins de deux ans et demi avant de se mettre d’accord sur un nouvel agenda (très probablement en septembre 2015), nous arrivons à la fin de l’étape consultative et nous approchons de l’étape la plus épineuse : celle des négociations intergouvernementales. Et cela signifie que nous arrivons à un stade beaucoup plus politique. Et pour avoir un impact significatif sur ces négociations, il est nécessaire de comprendre les politiques, de prendre le temps de développer cette faculté à comprendre et naviguer dans les “eaux troubles? dans lesquelles nous nous trouvons.

En résumé : Le “Panel de haut niveau des éminentes personnalités sur l’Agenda pour le développement post-2015? nommé par le secrétaire général des Nations Unies a délivré son rapport le 31 mai. Le Pacte Mondial a également récemment publié son rapport, suivant un processus consultatif qui a été mis en place avec des entreprises du monde entier. Et le Réseau des Solutions pour le développement durable de l’ONU (SDSN pour Sustainable Development Solutions Network en anglais, également établi par le Secrétaire Général) a délivré son rapport récemment.

Les synthèses régionales et mondiales des délibérations nationales de Beyond 2015, de GCAP et du FIP ont récemment été publiées et les conclusions de l’initiative Participate sont attendues sous un mois. Le Groupe des Nations unies pour le développement (UNDG) publiera d’ici peu une synthèse des divers processus consultatifs qui ont été menés depuis l’année passée, suivant le rapport intermédiaire il y a quelques mois. Le Groupe de travail (OWG, pour Open Working Group en anglais) sur les objectifs de développement durable (ODD) bat son plein, ayant organisé quatre réunions jusqu’à présent, et quatre autres étant prévues en 2013 et 2014. Cela donnera lieu à la publication d’un rapport en septembre 2014. Avant cela, nous attendons un rapport annuel du Secrétaire général (incessamment), qui se concentrera en grande partie sur l’agenda post-2015. Et l’Evénement spécial des Nations unies pour la réalisation des OMD et l’agenda post-2015 (le 25 septembre) produira un document final de quelque sorte – vraisemblablement une déclaration des chefs d’Etat. Ce document sera important car sera révélateur de la marche à suivre politiquement – très vraisemblablement en termes de contexte, et, en fonction des négociations autour du document, potentiellement quelque indice concernant le contenu (si c’est le cas, ce sera sur les grandes lignes, au niveau de la vision, de l’objectif et des valeurs.)

Cela représente beaucoup d’acronymes. Et beaucoup de rapports. Des centaines de pages. Je me demande combien de personnes dans le monde les ont lus de la première à la dernière page. Et combien d’entre nous comprennent le rôle que chacun d’entre eux joue, l’influence qu’ils ont. Et par conséquent le temps que nous devrions passer, ou devrions avoir passé, à s’engager dans les divers procédés afin de les influencer au mieux. Pas beaucoup, j’imagine. Donc, que devrions-nous faire ? Quelle est la prochaine étape ?

Tout d’abord, nous devons reconnaître que le processus post-2015 en est au stade des négociations intergouvernementales, où nous devons nous battre pour l’engagement de la société civile, et pour assurer que les voix des plus affectés par la pauvreté et l’injustice soient entendues et écoutées par les détenteurs du pouvoir. La société civile ne s’exprime pas avec une voix unifiée – nous avons une cacophonie de différentes priorités et d’analyses. Il est important que ces voix soient entendues et respectées. Reconnaissant et célébrant cette diversité au sein de la société civile, une partie du rôle de Beyond 2015 est d’assurer que la voix des plus marginalisés soit plus importante tout au long du procédé intergouvernemental. C’est pourquoi nous vous proposons ces lignes directrices spécifiques :

Beyond 2015 suggère de s’en tenir à certains domaines afin d’essayer de faire la différence, et d’éviter de se concentrer sur d’autres.

Que faire?

Protéger les victoires en les répétant, continuellement. Collectivement, nous avons passé beaucoup de temps à faire pression sur le Panel de haut niveau pour qu’il se concentre sur l’inégalité, recommande un agenda unifié pour aborder de manière efficace et globale aux questions de développement et environnementales au sein de nos frontières planétaires. Sur ces points, nous avons été entendus, dans une bonne mesure. La transformation de l’objectif du Panel de haut niveau avec le document “Ne laisser personne de côté? représente un réel changement de mentalité. Nous devrions l’utiliser comme un outil de plaidoyer pour les deux ans et demi à venir afin d’assurer que les plus marginalisés sont vraiment inclus dans le prochain cadre de travail du développement.Continuer à faire pression. Les processus intergouvernementaux sont longs et compliqués. Le personnel des NU et des ministères responsables de la rédaction des documents clés semble changer fréquemment et ne pas avoir assez de temps pour lire tous les documents pertinents dans leur intégralité (tout comme nous autres). C’est pourquoi, il est crucial que nous, en tant que société civile, ayons la capacité de construire, développer et renforcer nos relations avec les décideurs en position de pouvoir, et que nous continuions à leur répéter nos messages fondamentaux pour qu’ils les aient toujours à l’esprit. Il est crucial que nous nous engagions dans le bon réseau – avec les politiciens, diplomates, les missions permanentes à New-York, les représentants du gouvernement et les agences de l’ONU.Travailler de façon plus intelligente. Pour nous, il existe des processus et des moments spécifiques pour influencer : l’Evénement spécial en Septembre, le Groupe de Travail sur les ODD, probablement un sommet en 2015 qui approuvera le nouveau cadre de travail. Nous nous devons d’être intelligents et organisés. Nous devons planifier à l’avance et construire sur le long terme comme le font les gouvernements. Cela peut signifier que les organisations de la société civile doivent revoir leur façon de travailler et certainement leur façon de planifier. Il ne suffit pas pour les Organisation de la Société Civile de commencer à engager des sommets globaux 3 mois à l’avance alors que la majorité des décisions ont déjà été prises. On peut tous arriver deux jours avant le sommet, participer à quelques événements parallèles et peut-être se réunir avec une Mission Permanente ou deux. Mais nous devons faire plus. Dès maintenant, nous devons favoriser l’engagement à long terme concernant cet agenda et nous devons le construire à travers des plans de travail, des budgets, de façon à avoir tous notre propre capacité à nous engager dans le processus de manière significative.Etre pragmatique. Lutter pour cet espace de parole, en disant que « les jeunes doivent avoir un siège à la table » ou que « les personnes âgées doivent être consultées », ce n’est plus suffisant. Tout en continuant à insister sur l’intégration des groupes les plus marginalisés dans le processus, nous devons tous veiller à ce que chaque avancée – dans les divers rapports – ne soit pas « diluée » ou perdue au cours des négociations intergouvernementales. Les organisations de la société civile qui se concentrent sur des questions thématiques vont bientôt devoir développer des propositions concrètes pour montrer à quel point les messages clés des organisations sur le récit, la vision, les valeurs peuvent être significativement transformés en buts, cibles et indicateurs d’une structure ambitieuse et transformative.Lier le national au régional puis à l’international. Sans consistance entre ces niveaux, il est fort possible pour que les discussions au niveau national ne soient pas traduites en demandes faites en concertation avec les Missions Permanentes à New York, qui sont en charge dans les Groupes de travail. Ou bien que la dernière information soit filtrée au niveau national. Ces liens sont cruciaux, ils doivent être maintenus et développés.

Que faut-il éviter ?

- Analyser et sur-analyser. Il y a de nombreux points positifs et négatifs dans les divers rapports sortis récemment. Mais on ne peut ne pas se permettre de passer les prochains trois mois à analyser en profondeur les divers rapports, que ce soit sur un problème spécifique ou sur l’agenda global.

Pour la majorité, nous pouvons facilement identifier ce que nous apprécions dans les rapports et nous devons protéger ces acquis en les utilisant pour donner plus de crédit à nos positions existantes puis pour ouvrir le dialogue avec le corps décisionnels nationaux et régionaux.

Si d’un autre coté nous passons notre temps à analyser d’un œil critique les rapports, les gouvernements, déjà septiques à propos de ces rapports venant de processus dirigés par les Nations Unies (comme le rapport HLP, le rapport SDSN, le rapport SG, le rapport UN DG) risquent de s’approprier les critiques et de les utiliser pour délégitimer les rapports. Le risque étant que les gouvernements soient ensuite moins ambitieux sur des problèmes comme l’inégalité, l’universalité de l’agenda post 2015 et les droits de l’homme.

Aller de l’avant

Il semble très probable, même si rien ne peut le garantir, que le Groupe de travail soit le principal corps intergouvernemental apte à faire avancer la discussion sur l’agenda post-2015 du développement après le Sommet de septembre. Il est donc important que nous nous engagions pleinement dans leur futur programme de travail, en profitant de l’espace qui est ouvert à la société civile le matin à chacune de leur délibération. Il existe des Comités directeurs des OSC pour chaque thème, et un moment est prévu pour que les participants interviennent brièvement.

Même si cela représente un challenge pour les Organisations de la Société Civile non basées à New-York, plus il y a de diversité dans ces Comités directeurs et parmi les locuteurs dans ces créneaux prévus, mieux c’est. Pour plus d’informations, veuillez contacter les coordinateurs des grands groupes, détails disponibles sur http://sustainabledevelopment.un.org/majorgroups.html. Les ONG peuvent contacter le correspondant pour les ONG Jeffery Huffines de CIVICUS à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Un des défis majeurs de la société civile est de s’assurer que toutes les contributions des diverses consultations ne soient pas perdues, étant donné que le Groupe de travail n’est pas obligé de les prendre en compte (bien qu’il ait conscience de ces contributions et semble les prendre en considération). Ce qui demande plus de temps et d’engagement de la part des organisations de la société civile du monde entier.

Beyond 2015 continuera à travailler avec les autres pour sécuriser les espaces et les canaux qui permettent de faire entendre la voix des OSC et de ceux affectés par la pauvreté et l’exclusion à travers un processus officiel, plus particulièrement l’Evènement spécial de septembre (lors duquel nous organiserons un événement pour acheminer

Source:ong-ngo.org

 

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