L'audit des décès maternels et néonatals a été au coeur des débats à Tambacounda. Les praticiens de 7 districts sanitaires de la région médicale et des journalistes ont examiné les facteurs responsables des décès. Le médecin-chef de la région, le Dr Adrien Sonkho, a fait savoir que l'analyse situationnelle de l'environnement régional a aussi été effectuée.
Il ajoute que « les forces et faiblesses, les menaces et opportunités ont été identifiées ». Cette situation, a-t-il dit, n'est pas dissociable du niveau de développement de la région. De façon détaillée, le médecin a énuméré la pauvreté, le faible taux d'alphabétisation, le déficit d'information, l'insuffisance des structures sanitaires.
Le médecin-chef a aussi parlé du mauvais état des routes. Certaines zones ne sont pas encore couvertes par le téléphone mobile, la télévision et la radio. Il a également soulevé les problèmes d'accessibilité géographique, surtout pendant la saison des pluies.
Parmi les forces, le médecin-chef Adrien Sonkho a cité l'organisation du système de santé qui cherche à être partout sur le territoire, avec comme option de se rapprocher des populations. Il y a la mise en place de logistique avec plus de 54 motos, des ambulances médicalisées de l'Etat et des partenaires stratégiques.
La coordinatrice régionale de la Santé de la reproduction, Kadidiatou Bâ Sow, a déclaré que « si la couverture sanitaire a nettement progressé ces dernières années, avec la construction de nouveaux centres et postes de santé, l'amélioration de l'accessibilité géographique demeure une priorité en raison de la faible densité de la population et de la forte dispersion de l'habitat ».
A l'image du pays, la région enregistre une mortalité néonatale de 29/1000, un taux d'utilisation des consultations prénatales de 79 % au niveau régional, contre une moyenne nationale de 93,3 %. Le taux d'accouchement assisté est de 45,2 % dans la région, alors qu'il est de 65,1 % au niveau national. Selon Mme Sow, le taux de prévalence contraceptive est encore insuffisant. Il est de 4,2 % à l'échelle régionale, contre 12,1 % à celle nationale.
Par Pape Demba SIDIBE
