Tunisie: Caravanes documentaires et les filles d'amnesty - Et si «elles» changeaient le monde ?

Mardi, 26 Juin 2012 15:03
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Elles avaient pour mission d'animer des ateliers de dessin et de coloriage pour enfants et de sensibiliser ces derniers aux droits humains.

Rappelons qu'Amnesty s'attache à faire respecter les droits fondamentaux des migrants et à renforcer la protection de ces personnes à tous les stades de leurs déplacements, qu'il soient forcés ou volontaires. Ce mouvement mondial dénonce les atteintes aux droits humains qui contraignent les migrants à quitter leurs foyers, qui sont commises au cours de leurs voyages, dans les pays qu'ils traversent, à leur arrivée dans les pays d'asile ou de destination, pendant qu'ils y séjournent, ainsi que celles qu'ils subissent, parfois, lorsqu'ils rentrent chez eux.

Dans le monde entier, les militants d'Amnesty International effectuent un travail de pression auprès des gouvernements, afin qu'ils changent la législation, la politique et les pratiques. En collaboration avec d'autres organisations, ils oeuvrent en faveur de la protection des droits des migrants.

Quelle lourde tâche pour ces filles qui commencent à peine leurs premiers pas dans la vie!

Elles ont fait ce choix, comme ça, par instinct. Car la justice est une valeur très importante pour elles, et ce, semble-t-il, depuis toujours. Et puis elles aiment être utiles. Influencées par leurs parents militants ou sensibilisées par leurs professeurs, elles ont vite appris à agir pour la cause. L'une d'elles est déjà «EDH» (éducatrice aux Droits humains), formatrice au sein de l'organisation. Diplômées en sciences et techniques de l'enfance, en psychologie, en graphisme, en arts plastiques, ou étudiantes dans une école de cinéma, les filles d'Amnesty mettent leurs connaissances au service de l'organisation. Passant de l'art non engagé à celui engagé, elles ont même fait preuve d'un surplus d'engagement en créant, il y a tout juste quelques mois, un ciné-club EDH.

Ce club organise, une fois par quinzaine, des cycles de projections de films dont le thème a un rapport avec les droits humains. Deux cycles ont eu lieu à la maison de la culture Ibn-Rachiq. Le premier était intitulé: «Femmes et défis» et le deuxième, «Control arms», concernait le contrôle du commerce des armes.

C'était donc pour représenter le ciné-club EDH que les filles d'Amnesty se sont déplacées au Kef. Elles étaient accompagnées de leur collègue Hichem qui s'est chargé, quant à lui, de filmer les témoignages des victimes de la torture, originaires du Kef ou d'autres régions de la République et qui ont bien voulu se confier, également, aux spectateurs des Caravanes documentaires.

Mais que seraient ces filles dans dix ans? Auraient-elles toujours le courage de militer? Finiront-elles par contribuer au changement de ce monde complètement fou?

Sinda, Oumayma et toutes les autres ne se font pas trop d'illusions. Elles avouent qu'elles craignent des lendemains obscurs, mais elles déclarent fermement que leur vision pessimiste ne changera rien à leur combat pour les Droits de l'homme.

Par Souad Ben Slimane