Ethiopie: Urban gardens - Un espoir durable pour les pauvres des villes

Mardi, 26 Juin 2012 14:54
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Sishae est une veuve âgée qui travaille dans un jardin communautaire créé en 2010 dans la ville de Debre Zeit, à une heure de route au sud d'Addis-Abeba.

"Mon mari est mort du sida il y a quelques années et puis j'ai perdu ma fille aînée de la même manière. En travaillant dans le jardin, j'ai maintenant un revenu pour pouvoir vivre avec mes enfants et mes petits-enfants", explique t-elle.

Jardins communautaires

Entre 2008 et 2012, le programme Urban Gardens a concerné plus de 34.200 ménages en Éthiopie grâce à des jardins communautaires et scolaires.

Les municipalités donnent un lopin de terre et un certain nombre de personnes sont sélectionnées en fonction de leur statut sérologique et de leur vulnérabilité économique.

Le programme de l'USAID fournit du matériel d'irrigation goutte-à-goutte et creuse souvent des puits pour accroître les possibilités de durabilité.

Les jardiniers travaillent en groupes et se partagent leurs récoltes ou bien chaque jardinier prend soin de sa parcelle. Dans tous les cas, les jardiniers se retrouvent souvent sur le site du jardin et partagent leurs expériences.

Avec l'arrivée de nouvelles sources de revenus, les jardiniers forment des groupes d'épargne dans lequel ils peuvent s'accorder des prêts entre eux, et les jardins communautaires prospères créent même des coopératives afin de mieux approvisionner le marché local.

Séropositives

Tsehay Tilahun et sa fille sont toutes les deux séropositives. "Dans la matinée, je travaille dans le jardin, et dans l'après-midi je fais l'injera et je le vends sur le marché", raconte-t-elle.

Il y a dix ans, il était impensable pour ses voisins de faire des affaires avec une personne atteinte du sida. Toutefois, le fait de travailler dans les jardins permet de réduire la stigmatisation associée au sida et de renforcer la confiance en soi en devenant plus indépendant.

Magda Belay et ses trois frères et sœurs sont des orphelins. Le matin, ils vont à l'école et l'après-midi ils travaillent dans le jardin. "Nous travaillons dans le jardin avec d'autres enfants comme nous. Nous avons eu un peu d'argent pour aider la famille et aussi, nous avons appris que les légumes sont bons pour notre santé", expliquent-ils.

Le programme Urban Gardens est financé par l'USAID. Aujourd'hui, plus de 350 jardins sont répartis dans toute l'Éthiopie. Au fur et à mesure que les villes deviennent plus denses, l'accès à la terre et aux ressources devient plus concurrentiel et ce sont les citadins pauvres qui sont les plus vulnérables. Les jardins urbains leur apportent une solution viable et durable.

Par Rédaction Afrique