Ethiopie: Les ethiopiennes courent pour défendre leurs droits

Mardi, 13 Mars 2012 14:26
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Grâce à la tradition des athlètes éthiopiens, cette initiative a connu un grand succès. En fait, il s'agit du plus grand événement pour femmes uniquement ayant lieu en Ethiopie. De plus, elle constitue une bonne plate-forme pour promouvoir des messages sociaux sur les femmes.

Ane Etxebarria, spécialiste des genres, travaille depuis près de trois ans dans la politique en matière d'égalité des sexes en Ethiopie. "Aujourd'hui, nous célébrons certaines réussites, comme l'amélioration de l'accès à l'éducation des filles dans l'enseignement primaire et secondaire ou le fait qu'il y a davantage de femmes qui gagnent en statut en possédant des terres", dit-elle.

"Mais c'est également une journée où il faut se rappeler qu'il y a encore beaucoup à faire. Et que la société civile et les autorités locales ont un rôle crucial à jouer en promouvant les droits des femmes, en construisant des ponts entre la politique et la pratique, en facilitant les changements et en faisant la différence", ajoute-t-elle. Cette année, le message principal a été "Donner aux femmes les moyens d'agir pour faire une différence", mais il y a eu aussi d'autres messages, comme "Planning familial avec choix" ou encore "Vous avez un rôle clé pour arrêter la violence basée sur le genre".

La course sert de tremplin aux jeunes athlètes femmes en début de carrière. Mereke et Hana, toutes les deux âgées de 15 ans, se sont énormément entraîenées pour cette course. "Nous nous entraîenons trois jours par semaine, disent-elles, à un club de sport, sans compter les jours que nous nous entraîenons seules. Nous aimerions être à l'avenir des professionnelles et avoir la chance de participer à des courses internationales." Les athlètes très connues viennent d'Ethiopie, comme Tirunesh Dibaba ou Meseret Defar

La plupart des participantes à la course étaient là uniquement par plaisir. Melat est l'une d'elles. Elle est membre du groupe hashers. "Les hashers sont un groupe de gens qui se rencontrent les samedis pour courir et ensuite on fête ça en buvant de la bière et en dansant. En courant, on a une bonne excuse pour se rencontrer, pour s'amuser et aujourd'hui aussi pour plaider en faveur de nos droits", dit Melat.

Par Borja Santos Porras