Célébrée autour du thème : «Autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l'éradication de la pauvreté, la faim, le développement et les défis actuels », la JIF 2012 a connu la participation des écoles impliquées au programme Pasco de lutte contre les abus, les violences et les IST-Vih/Sida en milieu scolaire.
Notamment l'ITC Victoire, l'ISCOM Masina, le Lycée technique de Bumbu, les Complexes scolaires NIF de Selembao et Wembo de Ngaba.
Dans son allocution de circonstance, Michel Lay Mayamba, coordonnateur national de Pasco, a fait observer ceci : « bien qu'étant au centre de la journée internationale de la femme en 2012, la femme rurale reste très éloignée des réalités politiques en RDC ».
Raison pour laquelle son institution demande au gouvernement, particulièrement au ministère du Genre, d'encadrer ces femmes qui jouent un rôle majeur dans le développement de la nation.
Car, bien encadrées, les femmes rurales renforcent le développement agricole et rural, améliorent la sécurité alimentaire et aident à réduire le niveau de pauvreté au sein de leurs communautés.
Bien encadrée, la femme rurale peut sortir 100 à 150 millions de personnes de la famine
Il y a nécessité d'encadrer les femmes rurales parce qu'elles constituent 70% de la main-d'oeuvre agricole et comptent pour 43 % des travailleurs agricoles de par le monde.
Et dans ces conditions, si elles bénéficient du même accès aux ressources productives que les hommes, elles pourraient augmenter les récoltes de leurs exploitations agricoles de 20 à 30%. Ce qui permettrait de sortir 100 à 150 millions de personnes de la famine.
L'inégalité entre les sexes et l'accès limité au crédit, aux soins de santé, à l'éducation se posent en frein à la promotion de la femme rurale.
Situation aujourd'hui aggravée par la crise alimentaire et économique mondiale, ainsi que le changement climatique. Ce qui fait qu'on estime par exemple que 60% des personnes victimes de famine chronique dans le monde sont des femmes et filles.
Après la partie protocolaire, la cérémonie a vite tourné en une journée culturelle, tant les écoles impliquées ont rivalisé d'ardeur. Récitals de poèmes, saynètes, chants et danse, défilé de mode ont été mis a contribution pour donner du relief à la JIF 2012.
La journée a aussi été marquée par le témoignage de Mlle Christelle, la vingtaine révolue, qui a contracté le Vih/Sida il y a une année, alors qu'elle se préparait à célébrer ses noces.
C'est le 18 janvier 2010 qu'elle sera diagnostiquée positive à l'hôpital de Kintambo après avortement d'une grossesse de 4 mois.
Contrairement à ce qu'on croirait, le fiancé de Christelle a été diagnostiqué séro-négatif à deux reprises, ce qui a conduit à la rupture du mariage.
Aujourd'hui, Christelle est délaissée mais prise en charge médicalement. Aussi, a-t-elle appelé l'assistance au dépistage volontaire, afin que chacun connaisse son état sérologique et se conduise en conséquence.
La JIF 2012 s'est clôturée par la pièce «Halte au viol», dans laquelle les acteurs professionnels de la troupe Mwanza Nkongolo (de Djiboul) ressassent les méfaits de la violence faite à la femme et à la jeune fille.
Pasco a profité de la circonstance pour offrir à ses convives, à travers une tombola bien entendu, des T-shirts frappés au message de la JIF 2012.
Par St. Augustin Kinienzi
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